Chasseur de tête en Chine

De plus en plus de cabinets de recrutements et spécialistes « chasseurs de tête » s’installent en Chine, de plus en plus attiré par le marché du recrutement du pays à la plus forte population active occupée du monde (plus d’un milliards d’actifs en 2011). Je vais vous parler ici principalement des 5 principaux critères qui s’opèrent pour les chasseurs de tête, agences de conseil et autres cabinets de recrutement sur le marché chinois.

Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’être un chasseur de tête ? Le chasseur de tête recherche des cadres internationaux possédant un profil spécifique. Lorsqu’une entreprise souhaite un profil rare ou hautement qualifié, le chasseur de tête part à la recherche de cadres dirigeants répondant aux besoins et ceci dans tous les pays du monde. Ses outils sont des bases de données avec les CV de salariés de haut niveau, un très gros carnet d’adresses, un téléphone et un ordinateur. Il a alors recours au contact direct ou passe par une annonce.

Etre chasseur de tête en Chine, c’est donc recruter principalement des chinois au profil rare et hautement qualifié au profit généralement de grands groupes étrangers installés dans les principales villes de Chine (Pékin,  Shanghai et Canton).

1)      De plus en plus d’entreprises multinationales

Des groupes automobiles Peugeot ou Volkswagen en passant par l’industrie des cosmétiques, de plus en plus d’entreprises choisissent d’investir en Chine et d’avoir leurs sièges sociaux à Shanghai ou Pékin notamment. Le choix de Shanghai,-la Perle de l’Orient-, pour les industries technologiques, du luxe, de la grande consommation ou de la pharmacie est de plus en plus incontournable pour l’entreprise qui souhaite bénéficier d’un réseau d’entreprises, d’un savoir-faire et d’une main d’œuvre qualifiée. Ainsi sur les 5000 cabinets de chasseurs de tête que compte la Chine, environ 10% sont situés à Shanghai. Le marché est très concurrentiel sur les plus grandes villes chinoises mais l’implantation d’entreprises internationales dans les villes de second et troisième rang (Chengdu, Xi’an, Changsha, Langzhou, etc.) est en train de changer la donne du côté des cabinets de recrutement qui voient une opportunité de s’installer davantage vers l’ouest de la Chine.

2)      Un turnover des cadres plus élevé que dans les entreprises françaises

Il y a un fort turnover dans les entreprises. Et le premier paramètre évoqué, c’est bien sûr le salaire ! Il n’est pas rare que les enchères commencent à une augmentation de plus de 100% de salaire pour un cadre qui souhaite quitter son entreprise pour une autre, et notamment si cette dernière est étrangère. Le turnover en Chine est bien plus important. Si vous êtes une entreprise basée en Chine et que vous faîtes appel à un chasseur de tête pour dénicher le cadre talentueux qui vous fera gagner des parts de marché en Chine, prévoyez un budget « salaires » relativement élevé donc.

Le cadre chinois n’a pas la notion de fidélité envers son entreprise au sens où on l’entend en  France par exemple. En France, le salarié ou dirigeant restera attaché à l’entreprise dans laquelle il travaille en fonction des valeurs, de la culture d’entreprise, de l’ambiance de travail, de sa taille, de sa localisation, de son secteur d’activité, des avantages en nature (logement, tickets restaurants, remboursement des transports) et enfin du salaire.

Pour le salarié chinois ou dirigeant chinois, le chasseur de tête devra prendre en compte que  l’ambiance de travail ou le secteur d’activité comptent finalement peu. Une variation du salaire importante va inciter le salarié à aller voir ailleurs.

3)      Une attention portée à la progression de carrière

Les carrières sont plus rapides que chez nous. Mais on considère sa carrière comme un patrimoine, un capital à gérer et on la pilote aussi dans cette optique. Les salariés chinois s’intéressent beaucoup au potentiel et aux conditions de progression dans l’entreprise, demandent des garanties sur les formations, des plans de carrière… C’est aussi déterminant que le salaire. Il faut être capable de proposer une éthique et des valeurs, de répondre présent et de respecter leurs codes. Le niveau d’exigence vis-à-vis de ces critères importants est très important lors d’une embauche par une entreprise internationale.

Par exemple, si le leader du marché du pneumatique en France, Michelin, souhaite s’installer en Chine et recruter un cadre chinois dans le département marketing pour accroître sa visibilité auprès des constructeurs automobiles chinois : il devra lui offrir l’opportunité de progresser rapidement et d’avoir un environnement stable qui lui fasse comprendre qu’on lui fait confiance. Si cette marque de confiance, cette attention portée sur le cadre chinois n’est pas mise en valeur, il y a un risque de « mésentente » entre le salarié concerné et l’entreprise qui l’embauche : le salarié peut se sentir « trahi », ou encore méprisé s’il remarque que ses collègues occidentaux sont mieux traités que lui.

4)      Une volonté d’agir au quotidien pour les cadres chinois

Ce qui est impressionnant en Chine, c’est la maturité, la volonté de développement, l’ambition manifestée par les chinois et les cadres en particulier. Leur enthousiasme à l’égard de travailler pour une entreprise étrangère notamment est important. On est dans le temps réel et non dans le temps où l’on réfléchit trop. Le cadre chinois va préférer prendre son téléphone et se déplacer aussitôt, qu’envoyer des e-mails et attendre un retour de réponse. Ils préfèrent donc naturellement intégrer des entreprises dont le rythme est vif. La « Vieille Europe » a cette l’image de pays plutôt « lents » où les prises de décision se font en concertation, où l’on évalue les risques d’abord avant de passer à l’action. En Chine, c’est plutôt passer à l’action, puis ajuster après.

Si vous êtes donc une entreprise qui prend du temps avant d’agir, réfléchissez bien avant d’embaucher un cadre chinois…

5)      Une concurrence directe pour les chasseurs de tête en Chine

Même si les entreprises étrangères passent de plus en plus par un chasseur de tête pour recruter, la concurrence sur ce secteur reste importante.

Même si cette technique est moins répandue, la plupart des cadres chinois que recrutent les entreprises étrangères peut se faire par le bouche-à-oreille ou grâce à l’expérience personnelle que l’on avait de tel ou tel responsable. Sans avoir complètement disparue, cette pratique est moins utilisée par les entreprises. Dans l’ensemble, on recrute aujourd’hui selon la méthode plus classique des offres d’emploi dans la presse, via des agences spécialisées, ou encore lors de foires à l’emploi que les universités ou municipalités organisent régulièrement.

L’autre moyen de recrutement très important est le développement des sites internet de recrutement (il existe trois principaux sites de recrutement pour les cadres chinois dont celui-ci : http://www.chinahr.com/): il est intéressant de noter le rôle croissant joué par internet dans le cadre du recrutement et la multiplication de sites chinois dédiés à la recherche d’emplois. Les statistiques témoignent de ce dynamisme. Ainsi, en 2006, le marché des sites internet de recrutement pesait 525 millions d’euros, soit 28,2% du marché de l’emploi. Les entreprises chinoises et internationales plébiscitent massivement cet outil. En 2006 elles étaient environ 800 000 à recourir aux services de ces sites spécialisés. En 2006, on estimait à 110 millions le nombre d’internautes ciblés par l’offre des sites de recrutement, principalement dans le secteur des nouvelles technologies et des services.

Les chasseurs de tête ont donc de la concurrence aujourd’hui en Chine, mais le nombre de plus en plus élevé d’entreprises étrangères à la recherche du candidat idéal permet à ce secteur et aux entreprises spécialisées de développer leur métier, comme c’est le cas d’INS Global Consulting.

Pour plus d’infos sur INS Global Consulting et les services proposés en matière de recrutement, cliquez sur le lien suivant :https://www.ins-globalconsulting.com/Services.

Wei Hsu

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