Chine : entre hausse des prix et folie immobilière des plus fortunés

Les prix de l’immobilier ont poursuivi leur hausse dans la plupart des villes chinoises en juillet, selon des statistiques officielles publiées dimanche. Parmi les 70 grandes villes chinoises prises en compte dans ces statistiques, 62 ont vu les prix des logements neufs progresser en glissement mensuel en juillet contre 63 au mois de juin, a précisé le Bureau d’Etat des Statistiques (BES) dans un communiqué. Selon le BES, 57 villes ont enregistré une hausse des prix des logements anciens en base mensuelle, contre 55 au mois de juin.

L’augmentation sur un an avait été de 7,4% en juin et de 6,9% en mai. Sur un mois, les prix ont progressé de 0,87% en juillet – le 14e mois de hausse consécutif – contre 0,77% en juin.
Le prix moyen du mètre carré dans les logements neufs de 100 grandes villes a augmenté de 7,94% le mois dernier pour atteindre 10.347 yuans (1260 euros). La hausse la plus impressionnante est observée à Guangzhou, où les prix ont progressé de 17,2 % sur un an. Nettes hausses également à Beijing (+14,1 %), Shanghai (+13,7 %) ou Fuzhou (+10,8 %). Seule Wenzhou ne participle pas au mouvement : le Bureau y a observé une baisse de 2,4 % entre les mois de juin 2012 et 2013.

Sur le marché de l’ancien, le Bureau observe des hausses dans soixante-sept villes, avec, cette fois, un pic à Beijing (+15,3 % sur un an), et des baisses à Baotou (-0,1 %), Haikou (-0,5 %) et Wenzhou (-4,5 %).

Selon la China Index Academy, institut appartenant à Soufun qui réalise l’enquête mensuelle, les prix sont dopés par les incertitudes économiques, qui rendent moins probable un durcissement des restrictions imposées au secteur immobilier.

“Pour le second semestre de l’année, ou même une période de temps un peu plus longue, la stabilisation de l’environnement macroéconomique devrait contribuer à gonfler la demande immobilière, et les prix devraient poursuivre leur ascension”, a indiqué l’institut dans un communiqué.

Malgré le gigantesque chantier immobilier que représente la Chine, et quoi que prétendent les discours officiels, les bâtiments édifiés remplissent des conditions bien spécifiques afin de correspondre au mieux à l’image nationale que souhaite renvoyer la Chine, sous la coupe du pouvoir central.

La célébration officielle de l’achèvement des travaux structurels de la Shanghai Tower s’est déroulée samedi 3 août. Celle-ci devra mesurer 632 mètres (quand elle sera entièrement achevée en 2014), et formera, avec le Shanghai World Financial Centre (492 mètres de haut, inauguré en 2008) et la tour JinMao (420 mètres, inaugurée en 1999), une sorte de triangle symbolisant la puissance de la première ville de Chine.

Conçue par le cabinet américain Gensler, avec une participation de l’institut d’architecture de l’université locale Tongji, cette tour à la rotation de 120 degrés entre sa base et son sommet, drapée d’un rideau de verre, constituera la plus haute construction de Chine et la deuxième au monde (enfin, pour le moment), réaffirmant le statut du cœur financier et industriel du pays.

Une réelle compétition de symboles

Si la ville de Shanghai acquiert ainsi un record architectural national, le New Century Global Center, ouvert à peine quelques semaines plus tôt à Chengdu, a quant à lui battu un record à l’échelle mondiale. Mais cette fois ci, ce n’est pas la hauteur qui lui aura valu les honneurs, dans cette région sujette aux tremblements de terre ; mais bel et bien la superficie. Avec ses 1,7 million de mètres carrés de surface au sol sous un même toit, cet édifice de 500 mètres sur 400, qui compte tout de même dix-huit étages, est en effet le plus vaste au monde. Ce centre commercial et hôtelier, abrite en son sein une véritable plage artificielle dont l’”horizon” changeant est assuré par un écran LED de 150 mètres de long sur 40 mètres de hauteur. On peut donc dire ici que le défi a bien été relevé pour  la capitale du Sichuan.

Toujours plus de visibilité

Mais une question persiste. Cette course à la démesure, qui concerne bien d’autres villes de Chine, et qui engloutit des milliards de dollars, est-elle pour autant sans limites ni contrôle ? Et bien non, comme l’a récemment montré un autre cas.

Durant les quelques jours précédents l’inauguration intermédiaire de la Shanghai Tower, une autre capitale régionale chinoise s’est ainsi placée sous les feux de l’actualité internationale. La ville de Changsha a en effet vu le lancement de la construction de SkyCity, qui vise elle aussi clairement un record mondial : avec 838 mètres de haut, cette tour prétend dépasser les 830 mètres de la Burj Khalifa de Dubaï.

Là encore, les considérations de politique locale sont évidentes : capitale de la province enclavée du Hunan, Changsha peine à exister sur la scène internationale; d’autant plus que sa seule entreprise de stature globale, le fabricant d’équipements de construction Sany, a annoncé au début 2013 le déménagement de son siège social à Beijing. Un projet aussi incroyable que celui-ci était donc le bienvenu pour Changsha.

Mais si ce projet pharaonique n’a pas encore battu le record de hauteur, il a cependant battu celui du chantier stoppé le plus rapidement. En effet, son gabarit sème le doute quant à la réelle viabilité de la construction, puisque jamais aucun immeuble préfabriqué d’une telle ampleur n’a été construit. D’autant plus que les références du groupe local BSB (Broad Sustainable Building), qui n’a jamais construit d’immeuble de plus de 100 mètres de haut, si elles ont convaincu les autorités provinciales, n’ont certainement pas suffi aux yeux du gouvernement central.

Il est hors de question pour celui-ci qu’un accident majeur, pendant la construction ou après celle-ci, vienne entacher l’image d’une Chine moderne qu’il s’efforce de promouvoir avec les autres chantiers prestigieux à travers le pays. La fièvre immobilière reste une réalité de la Chine de 2013 comme des années précédentes ; mais il s’agit incontestablement d’une fièvre sous ordonnance gouvernementale.

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