Chine : mise en place d’une zone franche à Shanghai pour tester les réformes

C’était déjà la ville la plus peuplée de Chine. Désormais, Shanghai devient également aussi son laboratoire des réformes économiques. Hier, les autorités ont ainsi officiellement inauguré avec grand enthousiasme une zone franche de 29 km2 en périphérie de Shanghai, où les sociétés étrangères pourront investir librement sans le moindre quota, où les taux d’intérêt pourront évoluer librement et où la monnaie courante chinoise, le yuan, sera totalement convertible pour la première fois!

“Stratégie d’expansion”

Le ministre du Commerce, Gao Hucheng a ainsi affirmé que la zone franche “s’inscrit dans la tendance des grandes évolutions économiques du monde et reflète une stratégie d’ouverture plus active” de la part de l’Empire du Milieu. Confrontés au ralentissement de la croissance économique, les dirigeants chinois entendent tester petit à petit une libéralisation plus grande leur système, avant d’étendre l’expérience au reste du pays.

A noter cependant que Shanghai n’est pas le premier essai en la matière : l’Etat chinois avait créé l’an dernier une zone franche à Qianhai, près de Shenzhen et de la frontière avec Hong Kong, mais le site n’a pas pour l’instant rencontré le succès escompté…  Plusieurs autres zones franches sont dans les starting-blocks, notamment sur l’île de Hengqin island (zone économique spéciale de Zhuhai) et Nansha, près de Guangzhou (l’ex Canton), toutes deux dans le sud de la Chine.

Stimuler la consommation intérieure

Pour le moment, seules 25 entreprises chinoises et étrangères ont reçu les autorisations d’opérer dans la zone franche de Shanghai, ainsi que 11 institutions financières, pour la plupart chinoises, ainsi que des filiales de l’américaine Citibank et de la Singapourienne DBS. Certains observateurs comparent déjà la FTZ (“free trade zone”) à la création par Deng Xiaoping de la zone franche de Shenzhen en 1978, qui avait marqué le début du boom de l’économie de marché dirigée, qui a transformé la Chine en atelier de fabrication du monde.

Mais cette fois ci, le défi est différent : il s’agit de rendre la Chine moins dépendante des exportations en stimulant la consommation intérieure via des réformes en profondeur de la société chinoise. Un exercice à haut risque pour le Parti communiste chinois, qui entend mener ces réformes sans pour autant remettre en cause le système du parti unique.