Disparité urbaine-rurale en Chine

L’aménagement du territoire chinois est défini aujourd’hui par un fort déséquilibre Est/Ouest ou Urbain/Rural. Ce phénomène s’explique par une forte migration interne de la population chinoise dans les régions de l’Est, recherchant du travail. Aujourd’hui, on compte plus de 170 millions travailleurs migrants, contre 2 millions il y a 30 ans, entrainant ainsi un niveau d’urbanisation de plus de 50% dans le pays. Et d’ci 2025, la population urbaine chinoise devrait atteindre les 800 millions contre un peu plus de 600 millions aujourd’hui.

Cette concentration se traduit également par l’attirance des IDE vers les provinces de l’Est (dont les plus importantes sont Guangdong, Hong Kong, Shanghai, Tianjin, Pékin…) pour l’industrie chinoise notamment pour les secteurs à forte vocation exportatrice comme le secteur de la Haute Technologie. Pour illustrer ce phénomène, 80% des exportations en Haute Technologie on été effectuées dans ces zones entre 2007 et 2008.

Malgré différentes tentatives pour limiter cette disparité villes-campagnes (politique « Go West en 1999), les autorités chinoises ne cessent de relancer des moyens pouvant rééquilibrer le territoire (XIIe Plan 2011-2015).

Aménagement potentiel entrepris

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La Chine est le dernier grand pays au monde à avoir gardé un système centralisé. La cohésion entre les territoires locaux et le pays en lui même est un enjeu central notamment pour améliorer l’équilibre de son territoire. Aujourd’hui, la Chine entreprend de créer un marché intérieur puissant. Pour cela, le gouvernement central met l’accent sur le développement des provinces de l’ouest devenant l’une des priorités du XIIe Plan cité précédemment. En effet ce plan a pour principales priorités l’urbanisation et l’enjeu de cohésion sociale à travers notamment la réduction des disparités villes-campagnes.

La gestion de cet exode rural est toutefois difficile à être relevée notamment pour les grandes villes mais n’est pas impossible. Par exemple, la ville de Shenzhen encore très rurale dans les années 70, fut l’une des principales villes d’expérimentation de la politique d’ouverture aux investissements étrangers, devenant aujourd’hui l’une des villes les plus riches de Chine, avec pour population immigrée venant de diverses régions.

Pratique mise en place

Aujourd’hui la Chine veut sortir de son modèle de spécialisation souvent caractérisé « d’atelier du monde ». Pour cela elle a misé sur la carte de la technologie et de l’innovation avec l’apparition d’une multitude de parcs industriels et technologiques en tout genre. Pour donné un aperçu de ce phénomène, le nombre de parcs industriels est estimé à plus de 12 000 dans l’ensemble du pays. Certains, comme le Parc de Zhongguancun surnommé la « silicon valley de Pékin » a une superficie de plus de 335 km², constitué de 22 000 entreprises dont 3 000 à capitaux étrangers avec une production estimée en 2008 à 15 milliards de $. Malgré cette émergence, nous n’avons pas encore constaté d’augmentation rapide de la performance du système local d’innovation pourtant clé pour le développement territorial.

La chine s’intéresse donc a expérimenté d’autres provinces apparaissant comme un levier territorial puissant et un véritable facteur de compétitivité. En effet celles-ci possèdent une grande liberté dans les domaines juridiques, financiers et fiscaux pouvant représenter un véritable tremplin pour les entreprises.

Sources : Les défis aménagistes et territoriaux, Cabinet d’études de marché en Chine, Migrants chinois, Zhongguancun silicon valley