La Chine : client de choix pour les vins français

Près de deux bouteilles sur dix exportées en Chine viennent de Bordeaux. Un marché primordial pour les vins du Languedoc également.

Les dix premières années du XXIème siècle auront été celles de la Chine pour le vignoble bordelais. L’empire du Milieu est aujourd’hui le premier marché à l’export de Bordeaux. Avec environ 48 millions de bouteilles achetées, le territoire chinois pèse aujourd’hui 22% des exportations et même 27% si l’on comprend Hong Kong, selon le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux. À savoir que ces chiffres représentent deux fois et demi le marché allemand. Concernant les ventes en valeur, elles génèrent un total de 565 millions d’euros, soit 26% du tout, dépassant même la Grande-Bretagne traditionnellement considérée comme un gros importateur de grands vins.

Incroyable, si l’on considère que le marché chinois était inexistant il y a une douzaine d’années. Ignoré et dénigré par les grands crus il y a de cela quelques années, il est aujourd’hui investi par toutes les appellations. Un virage à 90 degrés qui a eu des conséquences même sur le cours des vins vendus en vrac remontés à 1.000 euros, alors qu’ils étaient parfois bradés à 700 euros le tonneau de 900 litres il y a encore trois ans. Désormais les vins de Bordeaux réussissent à s’exporter dans toutes ses gammes. Avec cependant une grande différence selon les destinations. En effet, lorsqu’il s’agit d’envoyer vers la Chine, le prix d’expédition d’une bouteille est en moyenne de 4,7 euros, contre 17,3 euros vers Hong Kong.

Dès lors, les vins de Bordeaux sont très présents et représentent 13% des volumes importés par les Chinois et presque un tiers en valeur. Et si l’on regarde les vins de Bordeaux par rapport à l’ensemble des exportations françaises vers la Chine, ils écrasent la concurrence avec 64 % des ventes en valeur et plus d’un tiers des volumes. Quasiment à égalité avec les vins d’indication géographique protégée, les ex-vins de pays, du Languedoc. Et si cette croissance folle commence légèrement à ralentir, elle poursuit tout de même sa route paisiblement.

Coup de semonce

 

Parce que la Chine possède désormais le 5e vignoble mondial et de grandes marques comme Dynasty ou Great Wall et un gouvernement qui, notamment pour des raisons de santé, encourage la consommation de vin au détriment des alcools dits « forts ». «En produisant du vin, la Chine fabrique aussi des consommateurs. On estime qu’ils sont 100 à 150 millions et le marché va progresser comme celui des Etats-Unis il y a trente-cinq ans», annonce Xavier de Izaguirre, président du conseil de surveillance de Vinexpo. C’est d’ailleurs peut-être une des raisons de ce coup de semonce des autorités chinoises, analyse Jean-Philippe Code, directeur du service économie & études au CIVB : «Si la consommation progresse en Chine, elle profite aux produits d’importation davantage qu’aux vins locaux. Ce n’est sans doute pas étranger au fait que les autorités chinoises aient choisi le secteur du vin pour contre- attaquer.»

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