La Chine ouvre ses marchés financiers

La connexion entre les Bourses de Shanghai et de Hongkong est opérationnelle depuis le 17 novembre.

Le premier ministre chinois, Li Keqiang, avait cité cette mesure, en avril, comme exemple de la volonté de son gouvernement d’accélérer l’ouverture du système financier. Le programme devait alors être introduit dans un délai de six mois. Mais, faute d’avoir obtenu le feu vert de l’exécutif à Pékin, la Bourse de Hongkong avait dû annoncer un délai, le 26 octobre, tout en se disant prête sur le plan technique. La formulation laissait entendre que Pékin punissait l’ancienne colonie britannique pour le sit-in d’étudiants exigeant davantage de démocratie.

La Bourse de Shanghai a terminé lundi 17 novembre en hausse de 2,30 % et celle de Shenzhen de 0,83 %, portées par l’annonce du lancement de cette plate-forme d’échange commune qui offrira un accès sans précédent des investisseurs étrangers au marché financier chinois.

Les échanges de la Chine avec le reste du monde sont encore strictement contrôlés par Pékin. Les flux commerciaux sont certes ouverts, ce qui a permis à la République populaire de s’imposer comme premier exportateur de la planète et d’amasser les premières réserves de change du monde. En revanche, les flux de capitaux, et notamment l’accès des étrangers au marché boursier chinois, restent très limités.

Gages d’ouverture

Mais le président chinois, Xi Jinping, est désireux de fournir des gages d’ouverture. D’autant que s’est tenu les lundi 10 et mardi 11 novembre le sommet de l’APEC réunissant à Beijing les chefs d’Etat de l’Asie-Pacifique.

Seul un nombre restreint de banques et fonds étrangers peuvent, à ce jour, investir en yuans à la Bourse de Shanghai. Ils doivent être présélectionnés par le régulateur chinois et leurs investissements sont limités par un quota individuel défini par Pékin : un programme baptisé « Investisseurs institutionnels étrangers qualifiés », ou QFII selon l’acronyme anglais.

Dans ce contexte, les entreprises chinoises désireuses de bénéficier des financements étrangers, bloqués aux frontières, préfèrent se faire coter sur l’île de Hongkong. Cette place financière est systématiquement reconnue comme la plus ouverte de la planète ces vingt dernières années par la fondation conservatrice américaine Heritage.

Le nouveau programme, dont l’approbation a été annoncée lundi par Beijing, est parfois surnommé « train direct » : les banques et fonds présents sur la place de Shanghai seront autorisés à investir en yuans dans des actions cotées à Hongkong, et vice versa.

Il permet au gouvernement chinois d’ouvrir progressivement l’écluse qui sépare le marché boursier de Chine continentale de celui de Hongkong, donc du reste du monde.

Cela s’inscrit dans la volonté des autorités de faire la promotion de l’usage de la monnaie chinoise à l’international. « Cela facilite le flux ordonné de renminbi (RMB) entre les deux places, appuie le développement du marché du yuan offshore et accélère ainsi l’internationalisation du RMB, mouvement décisif dans l’ouverture du compte de capital de la Chine », résume la directrice de la recherche de la Banque de Chine, à Hongkong.

Un tel programme avait été évoqué dès 2007, mais il était resté dans les tiroirs car la crise financière mondiale avait incité la Chine à la plus grande prudence. Cette nouvelle phase d’ouverture restera toutefois maîtrisée elle aussi par des quotas, selon la stratégie, désormais classique, consistant à « traverser la rivière en tâtant les pierres », selon les mots du défunt père des réformes, Deng Xiaoping.

Les investisseurs basés à Hongkong seront autorisés à placer un maximum de 300 milliards de yuans (39 milliards d’euros) au total à la Bourse de Shanghai, avec un mouvement quotidien plafonné à 13 milliards de yuans. Les financiers de Chine continentale, de leur côté, ne pourront sortir que 250 milliards de yuans en direction de la Bourse de Hongkong. « Même avec ces quotas, c’est assez considérable, c’est une étape significative dans la tendance à la libéralisation contrôlée », juge John Zhu, économiste de la HSBC à Hongkong.

Lundi, à Beijing, à l’ouverture du sommet de l’APEC, le président américain, Barack Obama, a toutefois appelé la Chine à accélérer la libéralisation de ses marchés ainsi que la conversion de sa monnaie.

« CES BOURSES VONT GRADUELLEMENT FUSIONNER »

Dans les faits, la valeur récente de quantité d’actions reflétait aussi déjà l’espoir généré par l’afflux de nouveaux investisseurs. « L’anticipation se trouvait déjà pleinement dans les prix de ces dernières semaines sur le marché », explique Xu Gao, chef économiste chez Everbright Securities.

Selon M. Xu, l’effet à long terme est en revanche majeur. La Chine a promis de faire de Shanghai une place financière incontournable à l’horizon 2020, un projet qui traînait du fait de la fermeture des flux de capitaux aux portes de la Chine continentale.

Le marché boursier de Chine continentale suscite un très fort intérêt. Pour preuve, lundi 17 novembre, premier jour de connexion entre les places financières de Hongkong et de Shanghai, les investisseurs basés sur l’île ont très vite épuisé le quota journalier de flux financier disponible et autorisé à destination de la bourse du continent.

Sur la première séance, l’ouverture de cette vanne a essentiellement généré un flux en direction Shanghai, reflétant l’attrait du monde extérieur pour le marché boursier chinois, qui restait jusqu’à présent très fermé.

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