La fluctuation du yuan: une opportunité pour investir en Chine?

De nos jours, le Renminbi (RMB) a tendance à s’apprécier dans le système monétaire mondial: les entreprises étrangères, et par exemple, les français, se demandent s’ils vont bénéficier de la fluctuation ou, inversement, être pénalisé en termes de croissance et de parts de marché.

Une fluctuation commencée au début des années 2000

Prenons un exemple, lorsque le yuan (monnaie chinoise) a été apprécié au cours des années 2000 et ses principaux effets en ce qui concerne la décision d’une entreprise française d’investir ou d’exporter ses produits ou non en Chine.

En 2005, celle-ci apprécié le yuan de 2,1 pour cent par rapport au dollar américain, l’abandon de la parité par rapport au dollar permettant au yuan de flotter face aux autres devises comme le yen, le dollar et l’euro.

L’ajustement était mineur, mais a été considéré comme une première étape, car le yuan était encore considéré comme sous-évalué. Beaucoup ont considéré cette décision comme plus politique qu’économique destiné à apaiser les critiques qui avaient exigé une réévaluation du yuan. Le résultat fut que le mouvement a été perçu positivement dans le monde et les marchés boursiers ont augmenté, en particulier le CAC 40, la cotation regroupant les quarante plus importantes entreprises françaises en terme de valeur boursière.

Une monnaie plus forte nocive pour les investisseurs étrangers

Comme la valeur du yuan se renforce, les produits fabriqués en Chine deviennent alors plus chers. En conséquence, les coûts salariaux chinois seront plus élevés et les marges bénéficiaires des entreprises étrangères ayant des installations en Chine pourraient diminuer. Dans le même temps, les produits étrangers seront moins chers en Chine et il y aura alors plus d’incitations des chinois pour les acheter. Il y a donc un paradoxe pour les entreprises françaises investissant en Chine que l’on peut résumer comme ceci: si les coûts en Chine sont trop élevés, les investisseurs étrangers notamment français pourraient  investissent leur argent dans d’autres endroits où le travail n’est pas cher et les coûts sont bas, mais ce qui les empêcherait alors d’acquérir sur le long terme des parts de marché en augmentant leur visibilité dans ce nouveau  marché.

Répondant aux critiques étrangères avançant que la Chine a échoué à stabiliser la valeur du yuan, le sous-gouverneur de la Banque de Chine a affirmé, lors du Forum économique mondial de Davos, de «nettoyer vos propres  maisons (européennes)  en premier.”

Un RMB faible peut au contraire dynamiser les relations commerciales

En effet, de nombreux économistes affirment que les effets de la politique monétaire de la Chine sur l’économie de zone euro sont mixtes. Si le RMB est sous-évalué, alors il pourrait être considéré comme une subvention à l’exportation indirecte qui fait baisser artificiellement les prix des produits chinois importés dans la zone euro. Cela profite aux consommateurs européens et les entreprises françaises qui utilisent des pièces et des composants  fabriqués en Chine, comme les constructeurs automobiles Peugeot ou Citroën, par exemple. Ainsi, avec le recul, une faible valeur du RMB profite aux entreprises françaises négociant avec la Chine, augmentant leurs exportations de biens et de services là-bas. C’est le cas des entreprises de vente au détail, comme Carrefour ou Auchan, qui ont vu leur nombre de filiales tripler en dix ans, de nouveaux magasins apparaissant dans les grandes villes (Chengdu, Shanghai, Xian, Guangzhou).

Par conséquent, une fluctuation du renminbi (RMB) n’affectera pas sérieusement une société française sur le long terme, parce que les pertes sur le court terme (dépenses plus coûteuses de main-d’œuvre ou des coûts de production en raison de l’appréciation du RMB) sera compensée par un chiffre d’affaires en hausse à l’avenir puisque les coûts restent inférieurs à ceux de la France. La société française, choisissant l’exportation ou un investissement étranger direct (IDE), bénéficie donc d’un prix de compétitivité par rapport aux entreprises chinoises et de la compétitivité des produits, puisqu’elle apporte en Chine son savoir-faire et son ‘expertise.

Mais avant de penser à investir en Chine, on doit penser à une chose en premier : obtenir son visa de travail !

Autre article intéressant sur les investissements en Chine depuis 1979 : Les IDE européens en Chine depuis 1979.

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Wei Hsu

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