Le russe Rosneft signe un accord pétrolier avec la Chine

Le russe Rosneft signe un accord pétrolier avec la Chine

Le groupe russe de pétrole Rosneft a indiqué avoir conclu un accord avec le chinois Sinopec, ce mardi 22 octobre à l’occasion d’une visite du Premier ministre Dimitri Medvedev en Chine. Le groupe contrôle près de la moitié du pétrole russe, et est le plus grand producteur de pétrole coté en Bourse.

Le contrat, d’un montant estimé à 85 milliards de dollars, porte en réalité sur la livraison de 10 millions de tonnes de pétrole brut par an durant 10 ans, et devrait prendre effet dès 2014 après paiement d’une avance par Sinopec.

La Russie a, ces dernières années, déployé d’importants moyens pour réorienter ses exportations d’hydrocarbures, qui représentent la moitié de ses revenus du budget fédéral de l’Europe vers l’Asie.

«Les accord signés aujourd’hui sont la preuve du développement de la coopération à grande échelle avec nos partenaires chinois», a souligné M. Setchine, cité dans le communiqué.

Quatre mois auparavant, Rosneft avait signé avec un autre groupe chinois, CNPC, un contrat pétrolier portant sur 365 millions de tonnes sur 25 ans, soit 15 millions de tonnes par an en moyenne et le double des exportations actuelles. Ce méga-contrat, d’une durée particulièrement longue représente au total 270 milliards de dollars.

Afin de remplir ce contrat, Rosneft a déclaré qu’il allait créer une coentreprise avec CNPC pour extraire des hydrocarbures en Sibérie Orientale, offrant un accès direct à l’Empire du Milieu sur les gisements russes.

L’avance payée par Sinopec génèrera «de nouveaux financements pour nos projets d’exploration et de production et la construction des infrastructures nécessaires», a avoué M. Setchine, en précisant qu’elle représenterait environ 25% à 30% du montant total.

Le groupe Rosneft, depuis un an, s’est lourdement endetté pour financer l’acquisition pour 55 milliards de dollars de son concurrent TNK-BP puis d’autres actifs devant en autres lui permettre de maximiser sa production de gaz.

Il décuple également les partenariats afin de se lancer dans la production dans l’Arctique, plus difficile et onéreuse.

Pendant ce temps, Gazprom a toujours du mal à conclure le contrat qui lui ouvrirait pour la première fois les portes du marché chinois, en négociations depuis plusieurs années.

Le géant gazier annonce qu’il souhaiterait obtenir un accord d’ici à la fin de l’année pour commencer ses livraisons en 2018.

Le ministre russe de l’Energie Alexandre Novak, a annoncé mardi que les parties russe et chinoise avaient convenu d’un accord sur une «formule de prix», ce qui constituait ces dernières semaines l’ultime point de désaccord.

Gazprom, privilégiant des contrats à long terme indexés au pétrole, avait annoncé le mois dernier avoir obtenu de Pékin que le prix soit calculé indépendamment des cours du gaz aux Etats-Unis, beaucoup plus faibles.

Les livraisons, dont les prévisions tournent autour de 38 milliards de mètres cubes par an, pourront commencer entre 2018 et 2020 si l’accord est signé comme convenu d’ici à fin 2013, a laissé entendre le ministre.

CNPC avait déjà conclu un accord avec le deuxième producteur russe de gaz, le groupe privé Novatek, pour participer au projet d’usine de liquéfaction du gaz Yamal LNG en Arctique, développé en collaboration avec le français Total.

Novatek a confirmé mardi que les livraisons porteraient sur au moins trois millions de mètres cubes de gaz sur 15 ans et que les prix seraient indexés en totalité sur le marché du brut au Japon, le «Japanese Crude Cocktail».

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