Les grands crus, nouvelles cibles de la contrefaçon

On estime que la contrefaçon engendre des dommages à hauteur de 20% du commerce international du vin. Non négligeable donc pour un secteur devenu très spéculatif depuis les vingt dernières années. Si la contrefaçon affecte uniquement les bouteilles les plus onéreuses -et rares-, la menace est prise très au sérieux par les parties prenantes diverses, et particulièrement les producteurs.

Vins contrefaits : 20% du commerce international

Il n’y a pas de chiffres officiels sur le vin de contrefaçon en Chine, mais certains experts suggèrent que jusqu’à 40% des vins importés sont des faux – étiquettes contrefaites, mauvaise qualité de vin, mis en bouteille dans des bouteilles authentiques vendues vides au marché noir…
Plus largement, le vin de contrefaçon est devenue un véritable marché. On estime que la contrefaçon des dommages représente 20% du commerce international du vin.
De toute évidence, les faux touchent en priorité les vins les plus prestigieux, très rares donc très coûteux. Jusqu’à un certain point. Comme le raconte Laurent Ponsot, du domaine éponyme de Bourgogne, qui s’est fait une spécialité de démasquer les faussaires du vin, les vieilles bouteilles n’existent plus. “Aimer, c’est détruire», a t-il dit. Comprendre: pour aimer le vin il faut le boire. Et à un moment donné, il n’y a plus vieux vins… Contrairement à un sac à main qui peut se reproduire presque à l’infini, un vin existe seulement par les raisins qui ont été récoltés.

Un engouement depuis vingt ans

“Romanée Conti 1945, il y a eu deux barils de fait. Au cours des 25 dernières années a été vendu l’équivalent de dix tonneaux.” Un autre exemple qui s’en rapproche “Clos de la Roche domaine Ponsot 1949 aujourd’hui il ne doit rester qu’une trentaine de bouteilles, comment est-il possible d’en avoir vendu entre 150 et 200 ces vingt dernières années?”
Deux exemples parmi beaucoup d’autres. Révélant non seulement l’imagination des contrefacteurs, mais la frénésie qui a touché des acheteurs pour vingt ans. «Il y a de l’argent à faire», dit Laurent Ponsot. «Il y avait un engouement pour le vin dans les 25 dernières années, de la part des personnes instruites en Asie ou en Amérique, des gens qui n’ont pas cette culture que nous avons en Europe et qui sont si jaloux qu’ils ont voulu acquérir cette culture.”
Les faux serait ailleurs. Ceci est confirmé par Luc Dabadie expert chez Artcurial, une salle de vente aux enchères qui écoule une bon millier de bouteille tous les deux mois. “Plus nous nous éloignons du marché source, plus les faux sont présents”, a t-il dit. Cela veut dire, qu’en France, la fraude est probablement plus rare.

D’autant plus que le risque n’est pas négligeable. Si un expert d’une vente aux enchères tombe sur une bouteille contrefaite, il doit immédiatement en alerter la police. C’est pourquoi les faux sont vendus par d’autres moyens. Sites de vente en ligne, eBay et Leboncoin en tête, grouillent d’annonces plus ou moins fiables. Et ce, en toute impunité.