Nouvelle poussée des tensions financières en Chine

Face à une flambée des taux interbancaires, les investisseurs sont inquiets. La Bourse de Shanghai a enchaîné son neuvième jour consécutif de baisse – du jamais vu depuis 19 ans.

stress-financier-en-chineLa banque centrale de Chine a annoncé hier en fin d’après-midi avoir dû faire un nouveau type d’opérations pour injecter des liquidités dans le marché interbancaire. Ni le montant ni les délais associés à ces « opérations de liquidité à court terme» ont été fournies par la banque populaire de Chine (BPC) qui se contentent de parler d’un niveau «approprié». Un geste apprécié par les analystes, qui y voient un signe que Pékin ne reproduit pas les erreurs de Juin dernier. Face à une flambée des taux interbancaires, la banque centrale avait alors pris beaucoup de temps pour répondre et rassurer les marchés, dans une attitude qui combine à la fois un désir de transmettre un message de fermeté et d’un manque évident de contrôle de la communication. La leçon semble avoir été un succès, mais sur le fond, les investisseurs sont inquiets devant cette nouvelle vague de stress financier. Aussi en témoigne le fait que les taux interbancaires ont continué d’augmenter, ce matin, tandis que la Bourse de Shanghai a enchaîné son neuvième jour consécutif de baisse – plus vu depuis 19 ans. Le taux à sept jours a atteint ce matin 7,60 %, contre 6,30% mercredi. En une semaine, les taux ont grimpé de 328 points de base.
Cependant la BPC reste sereine, estimant que ce déséquilibre entre l’offre et la demande de liquidités est temporaire, liée principalement aux besoins de financement de fin d’année et obligations fiscales contre lesquels sont confrontées les entreprises. Pourtant, les économistes ANZ notent que ces deux dernières semaines, la banque centrale avait elle-même entraîné le séchage du marché. Cela semble vouloir dire qu’elle avait sous-estimé les besoins de financement de la fin du mois de Décembre. Besoins qui « indiquent que les banques commerciales chinoises ont de nombreux atouts à jouer pour refinancer avant la fin de l’année ». Un scénario inquiétant : la pratique du « roll-over », qui consiste pour une société à rembourser un prêt par un nouveau crédit, se popularise.

La Banque du Japon est en train de devenir le plus grand pays créancier

Déclarant ce matin, qu’elle prévoyait encore une reprise «modérée» de l’économie japonaise, la Bank of Japan (BoJ) a confirmé que cela ne changerait pas sa politique monétaire. L’institution continuera donc dans la lignée de son programme d’assouplissement quantitatif à venir, qui consiste à acheter chaque mois 7.000 milliards de yens d’obligations du gouvernement japonais sur le marché. Ayant accéléré ce projet en avril dernier, la BoJ comptait, selon ses propres calculs à la fin de Septembre, 170 000 milliards de yen de bon du Trésor, soit 1,610 milliards de dollars d’actions. Avec ce volume, qui a augmenté de 60 % sur un an, la banque détient désormais 17,4% de l’ensemble des obligations d’État en circulation sur le marché – contre 11,1% il y a un an – et est désormais considérée comme le deuxième plus grand créancier de l’archipel. Après avoir dépassé les institutions financières japonaises de taille moyenne, mais aussi la Banque postale du pays, qui est traditionnellement un grand détenteur de ces titres, la BoJ n’est plus dépassée que par les assureurs japonais. Ensemble, ils contrôlent toujours 19,6 % des bons du Trésor. Mais ne pouvant pas suivre le rythme de l’acquisition de l’institution, ils seront à leur tour submergés dans les prochains mois et la banque centrale prévaudra en 2014 comme le plus grand créancier du gouvernement japonais. S’interrogeant sur l’impact de ce phénomène, les experts estiment qu’ils pourraient limiter les incitations du pouvoir exécutif à faire preuve d’un peu plus de discipline fiscale, dont ils auraient pourtant bien besoin en ce moment.

Pékin facilite les investissements étrangers de ses entreprises

Les autorités chinoises avaient promis des réformes libérales en termes économiques, et elles le font.

Une déclaration du Conseil d’Etat de Chine publiée la semaine dernière, mais qui est passée inaperçue dans les médias, prévoit de faciliter considérablement les investissements à l’étranger pour les entreprises chinoises.

Maintenant, seuls les projets d’acquisition ou d’investissement à l’étranger dépassant un milliard de dollars recevront l’approbation, au préalable, de la toute-puissante Commission nationale pour le Développement et la Réforme (NDRC).

Jusqu’ici, tout investissement supérieur à 100 millions devait nécessairement obtenir cette approbation – sauf dans le secteur minier où le seuil était de 300 millions $.

/ Actualité Politique, Economie
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