Pékin investit dans un site pétrolier géant au Kazakhstan : le renforcement de la coopération est en marche

“Le Kazakhstan et la Chine vont signer 22 accords pour un montant d’environ 30 milliards de dollars”, a annoncé samedi le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev à l’issue d’une rencontre avec le président chinois Xi Jinping.

“Nous nous sommes mis d’accord sur la construction d’une raffinerie de pétrole dont le Kazakhstan a besoin, sur la coopération dans le domaine de l’agriculture (…), ainsi que sur la construction des infrastructures de transport et de communication”, a déclaré Noursoultan Nazarbaïev.

La Chine a conclu samedi un accord avec le Kazakhstan lui permettant d’acquérir une part de l’important projet d’exploitation pétrolière de Kashagan, le plus vaste gisement découvert dans le monde depuis 50 ans.

Aux termes de cet accord, le Kazakhstan va céder 8,33% de son gisement pétrolier offshore dans la mer Caspienne à la Chine contre cinq milliards de dollars (3,8 milliards d’euros).

Le contrat a été signé par les dirigeants de la compagnie nationale kazakhe d’hydrocarbures KazMunaiGas et de la China National Petroleum Corp (CNPC) en présence des chefs d’État des deux pays.

“Les deux pays sont parvenus à un accord sur une participation de la Chine dans le développement du gisement de Kashagan”, a dit le président chinois Xi Jinping après un entretien avec son homologue kazakh Noursoultan Nazarbaïev. “Les deux gouvernements saluent et soutiennent cet accord.”

Un responsable kazakh a dit à Reuters que les détails de la transaction devraient être finalisés d’ici fin septembre ou fin octobre.

Au total, 22 accords, en particulier dans le pétrole et dans le gaz, ont été signés au cours de la visite de Xi Jinping au Kazakhstan pour une valeur d’environ 30 milliards de dollars (22,76 milliards d’euros), a dit Noursoultan Nazarbaïev.

Le président chinois effectue une tournée en Asie centrale pour garantir les approvisionnements en hydrocarbures de son pays, le plus gros consommateur d’énergie au monde.

L’Inde écartée

L’accord conclu avec le Kazakhstan permet à la Chine d’étendre son emprise dans une région considérée par la Russie comme sa zone d’influence. Il empêche aussi toute participation de l’Inde, rivale de Pékin, dans ce projet pétrolier.

Les autorités kazakhes ont décidé en juillet d’user de leur droit de préemption pour acquérir la part de 8,4% dans Kashagan que la compagnie américaine ConocoPhillips vendait pour cinq milliards de dollars.

Désireuse de réduire son portefeuille d’actifs dans le monde, ConocoPhillips avait annoncé en 2012 être parvenue à un accord pour vendre sa part à ONGC, filiale internationale de la compagnie publique indienne.

L’implication de la chinoise CNPC bloque désormais toute participation de l’Inde dans ce projet.

Kashagan et les gisements voisins du nord de la Caspienne contiennent des réserves de pétrole estimées à 35 milliards de barils, sur lesquels entre neuf et 13 milliards sont exploitables.

Les compagnies française Total, italienne ENI, américaine ExxonMobil et la Royal Dutch Shell possèdent chacune une part de 16,81% dans Kashagan. La Japonaise Inpex en détient 7,56%.

Une demande énergétique en constante progression

La Chine, dont la demande intérieure en énergie est en constante progression, convoite les vastes ressources en pétrole et en gaz d’Asie centrale.

Mercredi, le président chinois a déjà assisté à l’inauguration des usines de gaz construites conjointement avec CNPC au Turkménistan, une autre ex-république soviétique d’Asie centrale, dans le cadre d’une grande tournée dans cette région stratégique dominée pendant des décennies par la Russie, où la Chine cherche aussi à affirmer son influence politique.

Une coopération à un “nouveau niveau historique”

“Aujourd’hui, notre coopération se met à un nouveau niveau historique”, a déclaré Xi Jinping, lors d’un discours dans une université à Astana, la capitale kazakhe.

“Nous accordons beaucoup d’importance à nos relations avec l’Asie centrale, et c’est l’une des priorités de notre politique extérieure”, a-t-il souligné.

Après son voyage au Kazakhstan, Xi Jinping se rendra en Ouzbékistan et au Kirghizstan, où il participera à une réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), à laquelle le président russe Vladimir Poutine et le nouveau président iranien Hassan Rohani sont également attendus.