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Visa de travail Chine

Le visa de travail chinois est un sujet régulièrement évoqué sur les forums, blogs et sites spécialisés. Beaucoup d’entreprises, et surtout leurs employés, cherchent à obtenir ce fameux visa pour pouvoir aller travailler en Chine. Dans cet article, je vais détailler la procédure d’obtention du visa de travail (appelé visa Z) pour les Français puis, je ferai un comparatif avec les procédures d’obtention au Japon et aux Etats-Unis. Dans un troisième temps, je donnerai mon analyse de la politique d’immigration chinoise, et quelles conséquences cette dernière peut avoir sur l’obtention du visa de travail.

Qu’est-ce que le visa de travail (ou visa Z) ?

                                       

D’après le site de l’Ambassade de Chine en France, le visa de travail « est délivré aux étrangers, ainsi qu’aux membres de leur famille les accompagnant, pour venir travailler ou occuper un poste en Chine, pour y donner des spectacles à caractère commercial ou participer à des projets d’assistance et de coopération. » Le visa de travail concerne donc aussi bien les entreprises commerciales à but lucratif que les entreprises à but non lucratif ou les organisations non gouvernementales (ONG). Malgré certaines rumeurs évoquant la difficulté d’obtention du visa de travail pour les associations à but non lucratif ou ONG, il existe pourtant un très grand nombre d’ONG présentes en Chine, et ce dans toutes les provinces. Ce qui montre que la Chine accueille volontiers les associations internationales, et notamment françaises sur son territoire. Il existe plus de 11 associations françaises présentes sur le territoire chinois (telles que Couleurs de Chine ou Médecins sans Frontières) : dans ces cas-là, il semble que le processus d’obtention du visa de travail soit plus simple.

Mais justement comment obtient-on le visa de travail (ou visa Z) ?

Il existe quelques documents très simples demandés pour tout type de visa :

  1. Le passeport comportant deux pages vierges de toute inscription, dont la validité doit être d’au moins six mois à compter du jour de la demande-
  2. Un formulaire de demande de visa à remplir (disponible sur le site de l’Ambassade de Chine) avec une photo d’identité (en couleur)-
  3. La « Fiche d’examens médicaux pour les étrangers » en cas de séjour supérieur à six mois-
  4. Les membres de la famille qui accompagnent le salarié ou l’employeur âgés de plus de 18 ans doivent fournir un certificat médical délivré par un hôpital français. A noter que l’Ambassade se permet de refuser l’obtention du visa si le candidat use d’informations fausses ou incomplètes, ou si son écriture est illisible…Je ne connais pas à ce jour de personnes s’étant vu refuser le visa au motif que son écriture était illisible : si c’est le cas, prière de bien vouloir m’en informer…Pour l’instant, rien ne paraît insurmontable.

Là où les complications arrivent, ce sont les documents à fournir en fonction du secteur d’activité du candidat.

Quelques exemples tirés du site web de l’Ambassade de Chine :

  • Les étrangers venant travailler dans le forage de pétrole en mer doivent fournir la « Lettre d’invitation aux étrangers pour les opérations de forage de pétrole en mer en République Populaire de Chine » émise par la China National Offshore Oil Corporation »
  • Les étrangers qui se rendent en Chine pour un travail bénévole et ceux qui perçoivent une rémunération d’un organisme basé à l’étranger (experts, bénévoles et les personnes travaillant pour un organisme caritatif)
  • Les personnels étrangers des centres culturels étrangers doivent fournir une « lettre de confirmation de nomination en qualité de travailleur étranger par l’état d’accréditation » délivrée par le département international de liaison du Ministère de la Culture Chinois ainsi qu’une lettre d’invitation.
  • Le demandeur du visa de travail, dont la situation ne correspond pas aux cas précédemment cités, doit fournir : 1) le « Permis de travail pour étranger en République populaire de Chine » délivré par le Ministère Chinois des ressources humaines et de la protection sociale et 2) l’original de l’invitation du visa délivrée par  l’organisme chinois compétent.

Bref, la procédure d’obtention du visa de travail requiert de la patience (qui paraît-il, est une vertu chinoise) et du courage.Pour une résumé de ce qu’il faut pour obtenir le visa Z, consultez cet article : Obtenir votre visa de travail en 5 étapes.

 Qu’en est-il pour les autres nationalités ?

Il faut savoir également que si la procédure d’obtention du visa de travail reprend les principaux points mentionnés ci-dessus, il existe certaines spécificités liées au pays de la demande.

En France, il existe quelques spécificités non appliquées aux autres pays . Il est en effet de plus en plus demandé pour le visa de travail (applicable également pour le visa touriste ou le visa pour visite familiale) :

  1. Les billets d’avion aller-retour
  2. Attestation d’assurance internationale (soin/rapatriement valide durant le séjour en Chine)
  3. Certificat de travail ou attestation de revenus (relevé de compte des 3 derniers mois) ou certificat de scolarité (pour les étudiants majeurs plus de 18 ans)

Aux Etats-Unis, la procédure d’obtention ne diffère guère, hormis sur ces critères suivants :

  1. Les visiteurs étrangers temporaires ou les résidents étrangers avec un visa américain valide peuvent faire la demande d’un visa chinois en donnant une photocopie et l’original de la Carte verte américaine.
  2. Les candidats postulant une première fois dont l’ancienne nationalité était chinoise, doit écrire son nom chinois dans le formulaire de candidature et présenter son passeport chinois original et la photocopie de la page d’information du passeport.
  3. Le postulant qui était autrefois chinois et a acquis un nouveau passeport américain, et s’il y a un visa chinois dans l’ancien passeport, doit soumettre son ancien passeport américain ou la photocopie du visa chinois.
  4. Pour les ressortissants d’Asie, il existe des conventions bilatérales permettant d’être exempté de visa pour faire du tourisme et du commerce dans une limite maximale de 15 jours : autrement dit, les ressortissants du Japon, du Brunei et de Singapour peuvent travailler être embauchés dans une entreprise dans une limite de 15 jours sans avoir besoin de visa de travail. Cependant, une fois ce délai passé, ils doivent en faire la demande.

Qu’en est-il de la politique d’immigration du gouvernement chinois vis-à-vis des étrangers qui souhaitent venir travailler en Chine ?

Ces dernières années, si la procédure d’obtention du visa de travail s’est compliquée, elle est surtout la conséquence d’une politique immigration renforcée. Un article du quotidien pro-gouvernemental « Le Quotidien du Peuple » a affirmé qu’ « il est temps de contrôler l’immigration illégale des étrangers ». Cet article survient après plusieurs incidents impliquant des étrangers qui ont réveillé le nationalisme chinois. Ces incidents ont en effet très largement médiatisés, que soit sur les chaînes de télévision locale ou nationale ou les réseaux sociaux comme Sina Weibo.

Le cas de cet  Anglais qui viole une chinoise à Pékin, de ce Russe refusant d’enlever ses pieds du siège avant dans un train Shenyang-Pékin ou encore de CES Coréens frappant une chinoise dans un KFC à Chengdu attise le nationalisme chinois.En retour, le gouvernement se sert de cette propagande pour « chasser » les travailleurs étrangers illégaux (ceux qui travaillent sans visa de travail) et renforce les conditions d’accès du visa de travail.A noter cependant, – restons optimiste-, qu’il existe une « Green Card » chinoise, l’équivalent  d’un permis de résidence permanent, mis en place depuis 2004. Le ministère de la Sécurité publique a affirmé que « des étrangers de haut niveau ou des étrangers qui font d’importants investissements directs » peuvent demander le statut de résident permanent et en cas de succès, vivre dans le pays pour une durée indéfinie. Pour le gouvernement chinois, il s’agit d’une avancée significative à « s’adapter à la mondialisation économique et faire avancer la réforme et  la modernisation du socialisme encore plus loin, et de normaliser la réglementation de l’examen et de l’approbation de la résidence permanente des étrangers en Chine ». Contrairement au système d’enregistrement des ménages chinois (le hukou), qui fixe des limites strictes sur la migration des agriculteurs vers les villes et d’un endroit à un autre, le système de la carte verte n’a pas de limites pour les étrangers cherchant du travail et un logement en Chine. L’étranger peut ainsi très bien aller travailler dans le Gansu que dans le Guangdong.

A noter également que le permis de séjour permanent est valide pour cinq ou 10 ans. Depuis la mise en œuvre de la législation sur l’entrée et les contrôles à la sortie du territoire en 1985, la Chine aurait déjà approuvé des permis de résidence permanents pour plus de 5.000 étrangers, facilitant la recherche de travail pour les personnes concernées.

Le visa de travail en Chine est probablement le visa le plus difficile à obtenir et dépend également de la situation politique internationale et domestique de la Chine.

INS Global Consulting, de par son expérience de prise en charge du visa de travail, peut grandement vous faciliter la tâche si vous vous décidez à aller travailler en Chine.

Pour aller plus loin :

Wei Hsu

Directeur d’INS Consulting

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